Cyclone Hyacinthe (15-28/01/1980) : record mondial de pluie

septembre 10, 2017 - 12:13 No Comments

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La catastrophe provoquée par l’ouragan Irma sur les îles et la côte Sud-Est de l’Amérique du Nord me ramène à ce que j’ai pu vivre à l’île de La Réunion en janvier 1980.
Ce n’était pas tant la force du vent qui était impressionnante, j’avais connu pire à ce niveau mais l’importance des pluies sur une durée aussi longue (record mondial toujours d’actualité). La particularité vient surtout du fait que le cyclone Hyacinthe s’est amusé à faire des allers-retours sur La Réunion. De mémoire d’homme, personne n’avait connu une telle chose.
J’étais les pieds dans l’eau (c’est le moment de le dire) à l’abri dans un bâtiment en dur à la Saline sans coupure d’électricité, le congélateur rempli. Les voitures sur le parking réservé à la clientèle du restaurant à côté flottaient par contre dans l’eau et je regardais le balai des hélicoptères ravitaillant les hauts de l’île complètement isolés du fait de l’état apocalyptique des réseaux routiers. J’étais éducateur-chef dans un centre pour caractériels et cas sociaux à Hell-Bourg dans le cirque de Salazie. Je n’ai pu y retourner que lorsque l’accès a pu être rétabli. La « mare à poule d’eau », un grand étang près d’Hell-Bourg, avait débordé et subi une brèche, l’eau emportant tout sur son passage, c’est-à-dire les cases et même les collines entières (il faut savoir que la terre est volcanique et donc particulièrement friable).
La Réunion en garde toujours évidemment les stigmates et tous ceux qui ont connu Hyacinthe savent d’autant plus comment se forment les ravines. Il a donc fallu remanier les cartes détaillant le relief.
Au milieu de ce chaos, je ne pouvais pas donner une idée de l’ampleur de la catastrophe avec mon seul petit appareil-photo. Il m’aurait fallu au-moins un grand angle ou mieux une caméra pour montrer les chemins de boue. On nous disait que la ravine creusée par l’eau venant de « la mare à poule d’eau » pouvait atteindre 100 mètres de large dans les hauts pour s’élargir à 400 mètres avant de se jeter dans l’océan. Alors pour donner une idée, j’ai tout de même pris en photo un filao (arbre tropical pouvant atteindre 35 mètres de haut mais celui-ci ne devait faire que 15 m) tombé bien droit au fond de la ravine avec… la découpe de la route à son sommet ! Il faut que je retrouve cette photo pour la montrer.

J’avais l’avantage de pouvoir suivre la météo à la télé. Tous ceux qui comme moi ont entendu le présentateur expliquer pourquoi il n’y avait plus de courant dans la vallée de Takamaka, en gardent un profond souvenir : il a tout simplement dit qu’il y avait des poteaux électriques de 19 mètres dans cette cuvette qu’on… ne voyait plus, l’eau étant sans doute montée à au-moins 20 mètres.
Vous comprenez pourquoi l’île de La Réunion détient des records mondiaux de pluviométrie dont depuis Hyacinthe le record pour les périodes de 10 et 15 jours sachant que les mesures ne se comptent plus en millimètres mais en mètres (plus de 6 mètres en 15 jours, vous imaginez en plus le cumul quand cette quantité dévale les pentes abruptes de la Réunion qui est finalement un pic dans l’océan.

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