Quand on confond culture et ordure

février 19, 2017 - 11:27 No Comments

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Très bonnes réaction et analyse de Gwénaëlle, une bretonne ça va sans dire, professeur(e) (*) de français installée à Paris, qui a eu, le 31 janvier dernier, la malencontreuse idée d’acheter un livre de portraits avant de le déposer devant une librairie de Barbès (**) dans le but de « mettre de la poésie dans la vie« .

Elle fait régulièrement ce geste appelé « bookcrossing » qui consiste à laisser un livre dans la rue à la disposition des passants.

Une démarche de partage bien connu (en tous les cas en Bretagne) mais peut-être moins à Paris, du moins de la police municipale.

En effet des policiers de la brigade anti-incivilité (***), qui n’étaient pas loin, n’ont pas trouvé mieux que de lui coller 68 € d’amande pour « dépôt illégal. »
Malgré ce « geste citoyen » , il faut croire que l’explication de la démarche à ces sbires, droits dans leurs rangers, n’était pas suffisante puisque c’est la ville de Paris qui s’est confondue en excuse en disant : « c’est une erreur. »
Ben voyons !

J’imagine l’un des policiers s’exclamant : « ah bon, c’est ça un livre ? C’est vrai qu’on m’en avait déjà parlé mais je ne me souvenais plus. »
Gwénaëlle n’a pas été surprise de la réaction des policiers, regrettant sans doute de ne pas avoir l’occasion de contester la contravention.
« On confond culture, ordure » … « Il y a encore des gens debout, des gens qui ont envie de mettre de la poésie dans la vie sans forcément qu’il y ait un cadre légal ou administratif. » dit-elle, en gardant malgré tout le sourire.

Comment réagir avec civilité ?

Semez des livres (neufs ou au-moins en bon état évidemment) un peu partout dans Paris. Cette ville des lumières et de culture appréciera votre démarche.

Vous pouvez aussi envoyer un bouquin au commissariat de quartier au :
79-81 rue de Clignancourt 75018 Paris
Ce serait amusant de comptabiliser le nombre en m’informant au passage…

Espérons que la police municipale se chargera de la démarche citoyenne pour créer un espace de partage suivant l’adage :

la lecture adoucit les mœurs…
…aussi.

Les boîtes aux lettres, c’est utile, les boîtes à lire aussi :

20170219-115550.jpg
(photo : scoop.it)

(*) comment faut-il donc orthographier ce mot. J’avoue ne plus trop savoir depuis que la guerre des sexes a envahi le monde linguistique. Peut-être y a-t-il un livre qui en parle mais je ne vais pas demander à la Police Municipale du 18e.
D’ailleurs, si j’ai quelques soucis à partir de la publication de ce billet, connaîtriez-vous un bon avocat ou une bonne avocate, un bon maître ou une bonne maîtresse ?

(**) aucune explication à ce jour sur le fait qu’elle ait quitté le quartier Montparnasse.

(***) 2000 agents de la brigade anti-incivilité crée en 2016 par la ville de Paris patrouillent la capitale pour lutter contre tout forme d’incivilité : jets de cigarettes, déjections canines, dépôts illégaux d’ordures (peaux de bananes, conjoint irascible, livres neufs mis à la disposition d’un passant intéressé, etc.).

Pas de quartier dans tous les quartiers !

Une question tout de même : comment s’est passé le recrutement de ces agents ? Je me le demande, pas vous ?

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