Affaire Wildenstein (tableau II) : Inculpables ou non inculpables ou inversement !? (*)

janvier 22, 2017 - 11:20 No Comments

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Daniel, Guy et Alec Wildenstein à Paris en 1999 © Helmut Newton

— > Affaire Wildenstein (suite) (**)

Jeudi 12 janvier 2017 : le tribunal correctionnel prononce la relaxe dans l’affaire Wildenstein.
Il décide, à la surprise générale, de ne poursuivre ni l’héritier Guy Wildenstein ni son neveu, ni son ex-belle-sœur.
Il laisse libre aussi d’autres accusés : trois avocats dont l’argentier de la famille et deux gestionnaires des fameux « trusts » anglo-saxons implantés dans des paradis fiscaux.

Olivier Géron, président de la cour, a alors souligné :

– que « le droit doit bénéficier de la même façon aux puissants et aux miséreux », (ben oui, bien sûr, fallait-il le préciser ?)

– que « le tribunal a conscience que sa décision est susceptible de heurter le sens commun et d’être incompris du peuple français », (ben oui, encore une évidence)

– mais aussi que cette « claire intention » de fraude fiscale en dissimulant des biens et des revenus pour éviter l’impôt « ne suffit pas pour retenir l’existence d’une infraction, en l’absence d’éléments légaux ». (Heuuuu ?)

En clair, la justice constate la fraude mais n’a pas les moyens légaux pour condamner ces personnes…
Est-ce que cela revient à dire qu’on peut frauder en toute impunité en France pour peu qu’on connaisse les ficelles pour y arriver ?
Il semblerait que oui eu regard de cette affaire de gros sous.

Vendredi 13 janvier 2017 : le parquet national financier (PNF), créé après l’affaire Cahuzac pour combattre les fraudes en bandes organisées (***), annonce faire appel de la relaxe générale, le fisc réclamant plus de 500 millions d’euros aux héritiers Wildenstein, rien que ça.

Affaire à suivre donc, mais en toile de fond, je crains que le tableau final ne soit surréaliste, toutes ces huiles, tous ces « hauts huppés » (expression bien française qu’on a tendance malheureusement à remplacer par le sigle VIP) couchant sur le papier glacé d’un carnet d’adresses bien rempli de quoi compromettre qui voudrait les empêcher d’exercer leur art de la fraude.
N’oublions pas que dans ce monde d’escroquerie, les choses ne s’enraye que quand il y a du rififi en son sein (c’est le cas dans cette affaire, comme dans l’affaire Betancourt et quelques autres…).
Nous n’aurions pas vent de leur escobarderie (j’aime bien ce mot qui fait penser à un Pablo du même nom !) s’il n’y avait pas de l’eau dans le gaz à l’intérieur du club des roublards. Mais en général, tout retombe très vite comme un soufflet, chacun protégeant ses bijoux de famille (dans tous les sens du terme).

Vous pouvez remarquer que les médias parlent peu ou pas du tout de cette édifiante affaire Wildenstein. C’est pourquoi votre serviteur grappillait déjà les infos du moment en février 2011 et attendait avec impatience la suite du procès (**).
C’est curieux, mais je m’attendais à ce genre de dénouement (d’où le suivi scrupuleux de l’affaire)..
Que va obtenir maintenant le PNF ? Affaire à suivre encore… Hum, hum.

(*) Inculpable :
– première définition : qui peut être inculpé, accusé
– deuxième définition : qui ne peut être inculpé
(Selon le Littré de 1876, ce qui fait de cet adjectif un antonyme de lui-même ! N’est-ce pas là une découverte fabuleuse que je viens de faire. Connaissez-vous d’autres mots qui signifient une chose et son contraire ?)
Comme le mot vient du latin associant le préfixe in- signifiant « sans », (mais aussi pour certains mot « dans ») et le mot cupabilis (coupable), on aurait tendance à considérer la deuxième définition comme respectant mieux l’étymologie. Pourtant c’est la première définition qui, au fil du temps, semble prendre le dessus.

Moralité : la justice peut parfois arriver à perdre son latin (d’où la confusion volontaire dans le titre).

(**) Pour trouver « Affaire Wildenstein (tableau I) » cliquer sur la ligne suivante :

Affaire Wildenstein (tableau I) : Blingbling les casseroles

(***) L’affaire Cahuzac a permis fin 2013 la création de ce parquet indépendant pour lutter contre les fraudes de haut vol en bandes organisées (loi nº 2013-1117 du 6 décembre 2013).
Comment faisait-on avant, me direz-vous ? Mystère.
Souhaitons à ce parquet bon courage.
Va-t-on y passer la brosse à reluire ?
Ne nous faisons pas trop d’illusions. Dans tous les cas, les journaux n’en parleront pas ou peu. N’oublions pas qu’ils sont, pour la plupart, sous le joug de magnats de presse pouvant être en relation, ou dépendants, de ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent engrangé de manière pas toujours honnête.
Joli tableau, n’est-ce pas !

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