Ode au « je t’aime »

septembre 29, 2014 - 10:06 No Comments

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Quand on s’aime, on sème des « je t’aime ».

Il existe en français deux sons associés qui sont source de bonheur partagé : [je] [t’aime].
Rare sont sans doute les langues qui font aussi court. Utilisez-les sans parcimonie et surtout, surtout, faites écho à ces sons de la même manière et sans hésitation mais plutôt avec élan car celui (ou celle) qui a l’initiative de se lancer dans cette très courte expression peut s’épuiser plus ou moins rapidement. Plusieurs raisons à cela :

– celui qui dit « je t’aime » agit peut-être spontanément mais pas gratuitement car le bonheur partagé dépend de l’écho qui est fait à cette expression,

– on ne peut au bout du compte aimer quelqu’un qui ne vous le dit pas ou qui reste évasif dans sa réponse,

– celui qui le dit n’est pas dupe et tôt ou tard se dira qu’il est inutile qu’il se fasse violence s’il a déjà essuyé un ou des échecs à cette tentative de bonheur partagé,

– il s’épuisera aussi plus ou moins rapidement s’il s’aperçoit que c’est toujours lui qui en a l’initiative,

– celui qui dit que ce n’est pas son style de parler ainsi, que c’est ringard ou réservé aux Bisounours, oublie l’autre et égratigne le bonheur partagé, donc son propre bonheur,

– celui qui pense que, quand on s’aime, on n’a pas besoin de se le dire oublie que l’amour est un jardin qu’on doit entretenir (et un jardin non entretenu devient tôt ou tard une friche),

– il est inutile de se cacher derrière une trop grande timidité, une réserve ou un faux-semblant du style : « oui mais moi on ne m’a pas élevé dans ce sens » (foutaise : comme s’il fallait un conditionnement pour s’exprimer ainsi)…

Finalement, il y a un réel danger à ne prêter que peu d’attention à cette expression, même si elle est prononcée du bout des lèvres.

Quand on s’aime, on récolte ce qu’on sème et on peut dire aussi qu’on récolte ce qu’on aime et ceux qu’on aime.

Quand on ne sème pas, il ne faut pas s’étonner qu’on ne s’aime pas (entendu dans le sens aimer l’autre et s’aimer soi-même).

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