Affaire Wildenstein (tableau I) : Blingbling les casseroles

février 8, 2011 - 6:56 No Comments

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Il semblerait qu’il suffit de décrocher le tableau d’un mur pour qu’il ne soit plus considéré comme « meuble meublant » ce qui peut tout changer dans le cas d’un héritage ? En effet, si le droit de succession s’applique sur la valeur des meubles, il ne s’applique pas de la même manière sur les collections d’œuvres d’art.(*) (cf. : article 764 du Code des Impôts).
Certains d’entre vous vont sans doute considérer que c’est une forme de « délit d’initié »… mais c’est curieusement légal.
Vous comprenez pourquoi les plus riches achètent des tableaux de maîtres une fortune en prenant soin d’en glisser certains dans des coffres-forts. Non seulement ils ont l’argent pour les payer mais peuvent légalement bénéficier de privilèges. Ils accrochent sans doute un poster de Winnie l’ourson à la place du Degas au moment du partage.
Les ultrariches n’hésitent pas à se payer les services d’avocats et de conseillers fiscaux onéreux pour tirer toutes les ficelles conçues pour eux jusqu’à la limite de la légalité.
Et ce n’est là qu’un exemple.
Ne les enviez pas. Ils ne sont pas plus heureux pour autant.
Bien entendu, dans cette griserie du gain, certains richissimes sont tentés de dépasser la ligne de légalité se croyant intouchables.

Si ce sont des œuvres volées, il leur suffit de les ressortir du coffre au bout de trente ans pour ne pas être inquiétés. En effet, comme il y a prescription, ils deviennent propriétaires des œuvres de plein droit.
Ben voyons !

Non, non, la Révolution Française n’a pas aboli tous les privilèges. Elle a juste modifié quelque peu la donne, c’est à dire les bénéficiaires de privilèges !

Mais parfois il y a aussi du rififi au sein de ces familles richissimes et c’est là que le scandale éclate. C’est ce qui se passe actuellement dans la dynastie des Wildenstein, grands marchands d’art et propriétaires de chevaux de course (**). Le problème c’est qu’un certain Guy Wildenstein est un grand ami de notre actuel président. Mince, encore une casserole ! (***)

Ça y est je sais d’où vient l’expression « blingbling » : d’un bruit de casserole.

Octobre 2016 : Guy Wildenstein est condamné à 250 millions d’amende pour « la fraude fiscale la plus sophistiquée et la plus longue de la Ve République ! » (dixit la procureure Monica d’Onofrio de la 32e chambre du Tribunal correctionnel de Paris).

(*) Au fait, qu’en est-il si j’accroche un tableau de maître au fond du coffre-fort (que je ne peux même pas me payer) ?
Ne serait-il « meuble meublant » que quand la porte est ouverte ?
Ubuesque je vous dis.
J’aimerais qu’un spécialiste du droit fiscal me renseigne à ce sujet… gratuitement bien sûr.

(**) Les Wildenstein ont gagné 2,2 millions d’euros net d’impôts en 2010 sur les champs de courses en France mais Daniel Wildenstein n’avait déclaré que 870 francs de revenu mensuel au fisc français en 1998. Mais qu’est-ce qui permet d’alléger ainsi les impôts ? Le « trust ». Mais je ne vous explique pas ce que c’est car ça va vous déprimer et ce n’est pas le but de ce site.

(***) À propos de casserole, un bruit court sur le net : l’Elysée souhaiterait vendre toute sa vaisselle sauf le petit faitout et la grande sauteuse. Je pense que ce n’est qu’une rumeur.

Photo = « Chaumière de Normandie », peinture de Berthe Morisot estimée à 800 000 € disparue en 1993 lors d’une succession dans la famille richissime des Wildenstein, et retrouvée par la police dans un coffre de l’institut Wildenstein, rue La Boétie, parmi une trentaine d’autres œuvres volées ou disparues.

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