Watergate à la française ?

juillet 18, 2010 - 9:05 No Comments

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On ne sait plus si c’est un Watergate à la française qui se dessine ou un Dallas dans notre landerneau politique mais on peut dire que l’affaire Woerth-de Maistre-Barnier-Bettencourt (et j’en passe) est un vrai feuilleton à rebondissements.
François-Marie Banier (artiste), Patrice de Maistre (gérant de fortune de Liliane Bettencourt), Me Fabrice Goguelque (ex-avocat de la milliardaire), Carlos Vejarano (gérant de l’île d’Arros aux Seychelles) ont été mis en garde à vue par rapport aux soupçons de fraude fiscale dans l’affaire Bettencourt.
Eric Woerth, qui a été expressément (ou fébrilement) invité par Nicolas Sarkozy à démissionner de son poste de trésorier de l’UMP, est maintenant soupçonné d’avoir vendu à prix d’ami un terrain à Chantilly.
Ce ne sont plus des casseroles qui traînent mais des chaudrons.

De plus, certaines personnalités n’hésitent pas à critiquer le manque d’indépendance du procureur Philippe Courroye :

Eva Joly, ex-juge, réputée impartiale, et députée européenne (Europe Écologie) l’a décrit comme « un procureur aux ordres » lors d’un entretien accordé au journal Le Monde.

Elle considère que M. Courroye, proche du président de la République, « opère dans un cadre procédural inadéquat ». « Quand il frappe à la porte de Patrice de Maistre, c’est sur le mode : « acceptez-vous que l’on perquisitionne chez vous? ». Impossible de surprendre quelqu’un dans ces conditions. Croyez-moi, dans l’affaire Elf, on n’aurait pas trouvé grand-chose ainsi. En tant que procureur, depuis les lois Perben, il lui faut, pour perquisitionner, soit l’assentiment du perquisitionné, soit l’autorisation du juge des libertés et de la détention. On pourrait dire qu’il est coupable de complicité de destruction de preuves par abstention. Le juge d’instruction, lui, est seul maître à bord. »
Elle enfonce le clou en ajoutant par rapport au juge Courroye : « Qu’il se réveille, sa place n’est pas à la table des Chirac ! Il est trop orgueilleux et vaniteux désormais, il semble souffrir du même syndrome que Nicolas Sarkozy, celui de la toute-puissance et de l’impunité. D’autant que le procureur Courroye est au cœur d’un conflits d’intérêt… »
Eva Joly apporte cette précision :
« les observateurs étrangers sont effarés, ils parlent même d’un Watergate à la française ».
Rien de moins.

Dernières minutes : les gardes à vue des quatre personnes pré-citées risquaient d’être prolongées de 24 heures, a-t-on appris le vendredi 16/07/10 de source judiciaire.
Elles ont finalement duré 36 heures. Selon Mediapart, le journal du net qui « médit à part » me direz-vous, le climat est tendu au parquet de Nanterre puisque le procureur Philippe Courroye refuse de transmettre au juge Isabelle Prévost-Desprez, chargée du supplément d’information sur les soupçons d’abus de faiblesse, les enregistrements clandestins réalisés par l’ancien maître d’hôtel de Liliane Bettencourt entre mai 2009 et mai 2010.
Alors, en réalité, un Watergate ou une nouvelle affaire avortée dans l’oeuf qui n’aura servi qu’à alimenter la médiatisation et la joute politicienne ?
Les paris sont ouverts…
Moralité (s’il y en a une) : même s’il est peut-être justifié de cuisiner les différentes personnes impliquées dans cette fameuse affaire bête en court, je trouve qu’à propos de casserole toute cette salade finit par me courir sur le haricot.

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